Le faubourg auquel l'abbaye de Saint-Laurent a donné son nom est situé sur l'ancienne colline verdoyante du Publémont, sur les hauteurs de Liège. C'est là que, dès 968, Eracle va lancer la construction d'une église dédiée à saint Martin et d'une abbaye consacrée à saint Laurent. L'abbaye sera consacrée en 1034 sous l'évêque Réginard. Avec la Révolution, les biens de l'abbaye sont démantelés. Les bâtiments se dégradent. L'église abbatiale doit être abattue en 1809. Et puis, ce qui reste de l'ancien monastère va connaître une nouvelle vie comme hôpital militaire jusqu'en 1990.


            C'est dans la petite impasse Graindor, sur le site de l'ancien grand parc de l'abbaye, que naît, en 1933, un petit garçon dont la beauté de voix n'aura d'égal que l'amour passion qu'il porte à sa ville natale. René Chaumont est ce qu'il est convenu d'appeler une “basse noble”, c'est-à-dire la plus basse des basses. Il n'a pas fait la carrière lyrique internationale qui aurait pu être la sienne, partagé qu'il a toujours été entre l'amour de son terroir wallon, qu'il chante mieux que personne, celui des mélodies éternelles mais aussi des grands airs du répertoire lyrique.

            Cela ne l'a pas empêché de se produire souvent à l'étranger, mais en gardant intacte sa passion pour Liège vers laquelle il revient toujours. Il est Liégeois, au sens large du terme, jusqu'aux plus profondes de ses fibres. Toute sa vie, il est resté attaché à sa ville mais aussi à toute la province riche d'une culture qui n'a d'égale que la beauté de la nature qui s'y déploie.


            Lorsqu'à 16 ans, il écoute un 78 tours de Félix Leclerc avec notamment  “Le Petit bonheur” et  “Moi mes souliers”, une certitude le submerge : il chantera lui aussi.

                "C'est là que j'ai commencé à chanter"

                                dit-il aujourd'hui.

            Il s'inscrit au Conservatoire de Liège où il fait le désespoir de son professeur de diction, Mlle Detz. Mais ces leçons-là lui seront profitables.


            Très vite, il quitte le Conservatoire pour rejoindre la Compagnie liégeoise de Josée Galler où il chantera du Félix Leclerc mais aussi quelques grands airs comme celui de la Calomnie du Barbier de Séville ou le célèbre "Old man river", qui font un triomphe à chaque interprétation.

           Après une parenthèse de quelques années, il entre dans la troupe de Coop Parade avec Maurice Roland, Marcel Vanbrabant et bien d'autres. Au théâtre de la Gaité à Bruxelles, il chante le rôle de Zafiri de Chanson Gitane, avec "Malheur à toi" et le célébrissime “Jalousie”.


         

            En 1972, au Grand Prix de la Chanson Wallonne, René Chaumont défend "Ine Tchanson", une composition du liégeois Paul Francy (pseudonyme de Paul Gilson), pianiste, compositeur, auteur d'émissions de télévision, de radio et d'opérettes wallonnes. "Ine Tchanson" remporte le premier prix, René est gratifié du prix d'interprétation et du prix de la Presse.


En route vers Paris !

 

            

Photo de gauche : à Paris, avec l'excellent accordéoniste liégeois Jean Delhez.

Photo de droite : Place du Tertre à Paris.

         En 1973 René est engagé  par le directeur de l'Opéra de Paris, Rolf Liebermann, en tant qu'artiste lyrique des choeurs. Le premier opéra auquel il participe la même année est le « Moïse et Aaron » de Schönberg. Le rôle de Moïse était tenu par le comédien belge Raymond Gérôme (de son vrai nom De Backer) qui assurait également la mise en scène. Le rôle de Aaron était confié à Richard Lewis et la direction musicale était de Manuel Rosenthal.


A gauche, Raymond Gérôme dans le rôle de Moïse, à droite, Richard Lewis dans le rôle de Aaron.

Opéra de Paris, palais Garnier (1973)

 

         Pendant près de 20 ans René participera à de nombreuses grandes productions, dans les chœurs de l'Opéra de Paris, ceux de Radio France, etc…

         René Chaumont se souvient notamment d'un enregistrement, en 1991 à la Halle-aux-grains de Toulouse, avec la basse belge José Van Dam. Il relate un moment important de leur rencontre dans la rubrique des souvenirs .

         En juillet 1992, il chante dans les chœurs, à Séville dans l'opéra "Othello" de Verdi, avec Placido Domingo. Pendant la première répétition, un des câbles d'une passerelle située à 7 mètres au-dessus de la scène se rompt. C'est l'accident. Une choriste, Annick Luce-Tafffari, est tuée sur le coup. René Chaumont a deux côtes cassées et il faudra qu'on lui enlève un rein. Il a 59 ans. Il revient en Belgique et ne veut plus chanter. (Plus de détails sous l'onglet "Souvenirs")


                  Photo de droite : à l'Opéra de Marseille
 

           En 1997, à Liège, Pierre Luthers lui propose d'enregistrer, chez le compositeur liégeois Luc Baiwir, un CD : “Les copains d'abord”. René Chaumont est à nouveau entraîné dans la spirale du chant. Plusieurs enregistrements vont alors voir le jour.

                         
   Ci-contre:couverture du CD

   "Li Cité d'mès sondjes",

   Illustration "Liège au fil du temps"

   du peintre Léo Orban.






 

 

 

 


           "Walon'rèye", produit par le Royal Caveau Liégeois en 1998, constitue un recueil des plus belles chansons wallonnes, "Po l'pus grande glwère dèl pitite patrèye" (Pour la plus grande gloire de la petite patrie) comme l'exprime si bien Jean-Denys Boussart. En 1999 "Chaumont chante Saint-Pholien des Prés".


        Il y aura aussi un autre CD de chants en wallon  parmi lesquels un superbe “Tchant des walons” - un single: “Couleurs d'Italie” avec aussi la belle chanson des regrettés René Fourré et Paul Libens: “Liège, ma ville”.

 

                                                                      


    Ecouter des extraits
            musicaux

 


        Suivra alors "Matante Jane", qui est l'expression de 25 ans de collaboration et d'amitié avec Jean-Denys Boussart, en offrant une sélection de ses plus belles chansons wallonnes. En 2007, René propose un Récital d'airs et de Mélodies. En 2009, un nouveau CD : “Le monde et notre amour”, une sélection de chansons depuis "Le temps des cerises" jusqu'à "Syracuse", rencontre un succès amplement mérité. En 2012, avec la complicité de Jean-Claude Hecht au piano et Nancy Tormo Sanchez au violoncelle, c'est la sortie de: “Comme un livre ouvert” dans lequel René Chaumont se fait plaisir en nous léguant tous les airs qu'il a aimés et qu'il aime encore, des reprises et des nouveautés, des chansons sentimentales, et des grands airs d'opéras.

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                                     René et le compositeur Luc Baiwir.